Depuis deux ans, l’antenne belge de SOS MEDITERRANEE mobilise des bénévoles pour soutenir les opérations de sauvetage en Méditerranée centrale. Co-référente de l’antenne belge, Sandrine raconte son engagement et le travail mené pour faire connaître l’association dans un pays où la question migratoire se joue aussi au cœur des instances européennes.
Comment avez-vous connu SOS MEDITERRANEE et qu’est-ce qui vous a donné envie de vous engager comme bénévole en Belgique ?
Mon histoire familiale se situe sur les deux rives de la Méditerranée, donc ce qui s’y passe m’a toujours touchée. Je travaille aussi dans le secteur humanitaire depuis plusieurs années. J’ai connu Sophie Beau il y a une vingtaine d’années et j’ai été témoin de son indignation grandissante face aux naufrages en Méditerranée, puis de la création de SOS MEDITERRANEE.
L’engagement est presque devenu une affaire de famille : mes parents ont rejoint l’antenne marseillaise dès le début. Alors, quand j’ai appris qu’il était possible d’ouvrir une antenne à Bruxelles, j’ai immédiatement voulu m’impliquer à mon tour.
Le fait qu’aujourd’hui encore des personnes meurent en Méditerranée simplement parce qu’elles n’ont pas le “bon” statut administratif me révolte. D’autant plus que l’Europe a déjà montré, avec l’opération Mare Nostrum*, qu’il était possible d’éviter ces drames.
Concrètement, quelles actions menez-vous avec les autres bénévoles pour faire vivre le soutien à l’association en Belgique ? Comment voyez-vous le potentiel développement de l’antenne ?
Le défi en Belgique est important. Il a fallu créer l’antenne presque de zéro : recruter des bénévoles, faire connaître SOS MEDITERRANEE – encore peu connue dans le pays – et s’adapter à un contexte multiculturel et trilingue.
Concrètement, nous organisons des rencontres, tenons des stands, participons à des événements et développons des partenariats afin de sensibiliser le public et mobiliser des soutiens.
Les défis restent nombreux, mais le potentiel est réel. Deux ans après sa création, l’antenne belge compte déjà une soixantaine de bénévoles, ce qui montre qu’il existe un véritable élan de solidarité.
Qu’est-ce que cet engagement vous a appris, ou qu’a-t-il changé dans votre regard sur ce qui se joue aujourd’hui en Méditerranée ?
SOS MEDITERRANEE est une association apprenante, qui met à disposition de nombreux outils pour accompagner l’engagement des bénévoles. Cela nous permet de développer des actions variées et de mesurer leur impact lors des événements que nous organisons.
Beaucoup de bénévoles, moi y compris, ont rejoint l’association parce qu’ils et elles se sentaient impuissant.e.s face à la situation en Méditerranée. Aujourd’hui, en tant que co-référente de l’antenne belge, je mesure à quel point cet engagement peut transformer ce sentiment d’impuissance en action.
Le fait que de nombreuses décisions politiques qui influencent la situation en Méditerranée se prennent à Bruxelles donne encore plus de sens à notre mobilisation. Nous constatons aussi que beaucoup de personnes sont encore mal informées et que de nombreuses fausses informations circulent. Cela rend notre rôle de sensibilisation d’autant plus essentiel si nous voulons faire bouger les lignes.
Crédit photo : Antenne Bruxelles

