Près d’un an après les tirs visant l’Ocean Viking par les garde-côtes libyens, SOS MEDITERRANEE déplore l’absence d’informations sur l’enquête annoncée par les autorités libyennes et appelle l’Union européenne à agir en toute transparence et à coopérer avec les procédures judiciaires en cours.
Près d’un an après que les garde-côtes libyens ont ouvert le feu sur l’Ocean Viking, aucune responsabilité n’a encore été établie. Alors que la Commission européenne fait référence à une enquête en cours menée par les autorités libyennes, SOS MEDITERRANEE, en tant que victime directe de l’attaque, n’a été contactée ni par les autorités libyennes ni par des représentants de l’UE concernant sa portée, son avancement ou ses conclusions.
À la suite de l’attaque, SOS MEDITERRANEE a déposé des plaintes pénales en Italie, en France et en Allemagne. Nous appelons la Commission européenne et les États membres à coopérer pleinement avec ces procédures en transmettant toutes les informations et documents pertinents en leur possession aux autorités judiciaires compétentes.
L’attaque a été menée à l’aide d’un patrouilleur offert aux autorités libyennes dans le cadre du programme SIBMMIL (Soutien à la gestion intégrée des frontières et des migrations en Libye) financé par l’UE. Selon une récente enquête d’IrpiMedia, 27,1 millions d’euros, soit 44 % du budget total de SIBMMIL, n’ont pas pu être retracés à partir des informations publiquement disponibles ou des demandes d’accès à l’information. La Commission européenne doit répondre de toute urgence aux préoccupations persistantes concernant le manque de transparence et de redevabilité entourant la coopération soutenue par l’UE avec des acteurs libyens impliqués dans des attaques violentes, des interceptions et des retours forcés.
Pendant ce temps, les personnes tentant de trouver un lieu sûr continuent d’être interceptées en mer et renvoyées de force en Libye, où l’ONU a documenté ce qu’elle qualifie de « réalité brutale et banalisée » de violations, d’abus et d’exploitation à l’encontre des personnes migrantes. La redevabilité ne peut se limiter à des expressions de préoccupation alors que la violence s’intensifie en Méditerranée centrale.
Crédit photo : Max Cavallari / SOS MEDITERRANEE


