Le 5 mai 2026, à la Mûrisserie à Marseille, le Poetry Club a réuni artistes, bénévoles et public pour une soirée consacrée à l’exil, où la poésie s’est faite espace de rencontres, de récits et de liens.
Entre poésies, photographies et témoignages, des voix se sont mêlées pour rappeler les réalités humaines qui se jouent aujourd’hui, notamment en Méditerranée centrale.
Imaginée et créée par Simon Opfermann et Hadrien Crescy, cette scène poétique s’inspire du rythme d’un Comedy Club tout en revendiquant une identité propre à la poésie. Sur scène, les artistes Mehdi Prévot, Florence Pazzottu, Lémofil, Camille Bouassida et Léonard Charles se sont relayé.e.s pour faire entendre des récits traversés par l’exil, les frontières et les langues.
Pour les deux fondateurs du Poetry Club, cette collaboration avec SOS MEDITERRANEE s’inscrit pleinement dans l’esprit du projet :
« Le Poetry Club porte une conviction : la poésie est un outil d’accès à l’autre, à ce qu’il vit, à ce qu’il traverse. Il était pour nous naturel de prolonger cet engagement avec SOS MEDITERRANEE, comme une invitation à tendre l’oreille, à tendre la main. »
Simon et Hadrien, fondateurs et gérants du Poetry Club
« La seule façon de commencer à agir, c’est de se situer auprès de ceux qui vous paraissent être les plus vulnérables », a déclaré la poétesse Florence Pazzottu.
Pour l’artiste Camille Bouassida, cette thématique touche à une expérience profondément universelle : « Les mots ont un sens, et nous, artistes, devons porter ce sens profond, faire bouger les choses. »
Les textes de Léonard ont également résonné dans la salle : « Mon amour des hommes lointains est plus puissant que les désirs des rois. »
Poésie, témoignage et engagement citoyen
Aux côtés des artistes, des bénévoles de SOS MEDITERRANEE ont pris la parole pour lire des textes écrits spécialement pour cette soirée, sous forme de poèmes ou de haïkus. À travers leurs mots, ils ont rappelé l’urgence humanitaire en Méditerranée centrale, aujourd’hui l’une des routes migratoires maritimes les plus meurtrières au monde.
Eric, un bénévole, écrit : « Je suis le même homme sur différentes plages, avec l’horizon pour seule patrie. »
Tout au long de la soirée, les bénévoles ont également échangé avec le public autour des opérations de recherche et de sauvetage menées par SOS MEDITERRANEE.


Des images pour témoigner de la réalité en mer
Deux expositions de SOS MEDITERRANEE accompagnaient cette soirée à la Mûrisserie. Photographies à bord du navire, témoignages de rescapé.e.s et récits de marins-sauveteur.euse.s invitaient le public à mieux comprendre la réalité des traversées et la nécessité de mettre en place un dispositif de sauvetage adapté en Méditerranée.
Les photographies de Hara Kaminara étaient également exposées. La photographe grecque, embarquée à trois reprises à bord de l’Aquarius en 2017 et 2018, rappelle le rôle essentiel des images face à l’ampleur de la crise : « Dans une crise humanitaire tellement grande, les chiffres deviennent très facilement abstraits. C’est le travail de la photographie de rendre un visage à ces gens. »
Le début d’année 2026 le plus meurtrier depuis 2014
Cette soirée artistique et engagée s’inscrit dans un contexte dramatique. Depuis le début de l’année 2026, plus de 600 personnes sont mortes ou ont disparu en Méditerranée centrale, faisant de ce début d’année le plus meurtrier depuis 2014.
À travers les mots, les images et les témoignages, le Poetry Club et SOS MEDITERRANEE ont ainsi cherché, le temps d’une soirée, à redonner des visages et des voix à celles et ceux que la mer ne devrait pas faire disparaître.
L’intégralité des bénéfices de cette soirée sera reversée à SOS MEDITERRANEE.
Crédit photos : Valentine CASTELLA @vaabroad

