Chanteur et écrivain engagé, auteur de “Petit Pays” (prix Goncourt des Lycéens 2016), et membre du comité de soutien de SOS MEDITERRANEE depuis 2018, Gaël Faye était présent à l’Escale Solidaire #2 le 1er décembre 2025, au théâtre du Châtelet à Paris. Il y a partagé son expérience de l’exil et rappelé l’importance de sauver des vies en mer.
Né au Burundi, Gaël Faye nous raconte sa propre expérience des frontières et de l’exil. Il confie son attachement à son pays natal, dans lequel il aurait voulu vivre et grandir. “Je n’avais aucune envie de le quitter ” reconnaît-il.
Mais la situation politique du pays, marquée par les massacres inter-ethniques entre Hutus et Tutsis dès 1993, a contraint sa famille à trouver un nouvel endroit pour “vivre et se reconstruire”.
Rapatrié en France en 1995, il dit sa reconnaissance de n’avoir jamais eu à se soucier des frontières grâce à son passeport français, tout en s’indignant du privilège que cela représente.
“Il y a une inégalité terrible, criante dans le monde dans lequel on vit, où certaines nationalités, certains passeports, permettent de franchir des frontières, là où d’autres sont assignés chez eux, même quand le chez soi devient invivable.”
Derrière chaque chiffre, des vies à secourir
Pour l’artiste franco-rwandais, la mission de SOS MEDITERRANEE est “la plus urgente et la plus nécessaire” : sauver des vies humaines, qu’il appelle à considérer avec empathie plutôt qu’à travers le seul prisme des statistiques.
Ces personnes, insiste-t-il, ne sont pas des “ombres qui traversent la mer” mais “des gens avec des parcours, des vies, des attachements, des rêves.”
“Une vie humaine c’est sacré et s’il faut mettre tous les moyens nécessaires, mettons tous les moyens nécessaires.”
Gaël Faye rappelle la nécessité de défendre des valeurs communes, celles de la dignité humaine, du respect de l’autre et de lutte contre le racisme.
Il dénonce le paradoxe d’un continent riche, attaché à ces principes, mais qui laisse un vide en matière de recherche et de sauvetage en mer – un vide que des organisations comme SOS MEDITERRANEE tentent de combler.
Le chanteur et écrivain interroge ainsi la responsabilité des États : dans une Europe qui se veut fidèle à ses valeurs, des missions d’une telle envergure ne devraient pas reposer sur des initiatives citoyennes, contraintes de lutter en permanence pour obtenir les financements nécessaires.
Crédit photo : Nicolas Friess
Crédit vidéo : Camille Martin Juan


