À la une de l’Humanité : récit d’une nuit de sauvetage à bord de l’Ocean Viking
2 mars 2026

Le 24 février 2026, l’Humanité a consacré sa une à l’Ocean Viking. Embarqué à bord du navire*, le journaliste Emilien Urbach raconte, heure par heure, une nuit de sauvetage mené par les équipes de SOS MEDITERRANEE, nuit au cours de laquelle 147 personnes ont été secourues lors de deux opérations successives.

*À chaque patrouille de l’Ocean Viking, navire-ambulance affrété par SOS MEDITERRANEE, un ou une journaliste embarque pour témoigner, en toute indépendance, de la situation en Méditerranée centrale et du travail des équipes de sauvetage.  

Lire l’article complet dans l’Humanité

Dans la nuit du 22 au 23 février, alors que l’Ocean Viking patrouillait à une centaine de kilomètres au sud de Lampedusa, une alerte d’Alarm Phone retentit à une heure du matin. Une embarcation de fortune, dont les trois moteurs étaient tombés en panne, était à la dérive alors qu’elle transportait 97 personnes exilées.

À 1 h 17, le premier canot de sauvetage Easy-3 est mis à l’eau. Le journaliste décrit la tension à bord et les gestes répétés à l’entraînement qui deviennent réalité. “It’s not a drill !” (Ce n’est pas un exercice) résonne chez les membres de l’équipage. Le contact avec l’embarcation en détresse est établi à 1h54.

Entre 2h29 et 3h20, les deux canots de sauvetage Easy-1 et Easy-2 entrent en action. Emilien Urbach décrit comment les membres de l’équipage tentent de “contenir l’agitation” des naufragé.es et de les embarquer dans le calme.


“À l’avant du canot, Giannis, le chef d’équipe des sauveteurs, hurle dans la nuit : « Ne bougez pas, ne bougez pas, c’est dangereux si vous bougez ! »”

À 4h25, après plus de deux heures d’opération délicate, les 97 personnes sont transférées en sécurité sur l’Ocean Viking. La plupart sont originaires du Bangladesh, mais également d’Égypte, de Somalie, d’Ethiopie et du Pakistan.

À bord de l’Ocean Viking, les personnes rescapées étaient déshydratées et deux d’entres elles ont nécessité une intervention médicale.
Crédit photo : Ville Maali / SOS MEDITERRANEE

À bord, le relais est pris par les équipes médicales et de protection. L’article de l’Humanité souligne l’importance des premiers gestes de soin et d’écoute, et met en lumière la dignité retrouvée par les rescapé.es. Catherine, infirmière néo-zélandaise, confie au journaliste :  « Souvent, c’est la première fois depuis longtemps que quelqu’un s’occupe d’eux avec un peu de gentillesse. » 


“Rapidement, les survivants reçoivent des vêtements secs : jogging noir, Crocs et bonnet gris. Charlie observe la scène : « Après vingt-quatre heures passées dans l’eau, ils mettent leurs nouveaux vêtements et la première chose qu’ils font, c’est se coiffer devant la glace, pointe-t-il avec sa tendresse de loup de mer. C’est la dignité humaine recouvrée. »” 

À 7h26, les autorités italiennes assignent Livourne comme port de débarquement, à plus de 900 kilomètres, soit trois jours de navigation supplémentaires. Le journaliste rappelle les conséquences de ces attributions de port éloigné : une “stratégie cynique du gouvernement d’extrême-droite de Giorgia Meloni” affirme-t-il, visant à “éloigner les ONG des zones de sauvetage, les contraindre à brûler des millions d’euros en carburant, et imposer des dizaines d’heures supplémentaires en mer à des corps déjà brisés”.  

Alors même que le navire est en route vers le port de débarquement, une nouvelle alerte retentit. L’Ocean Viking modifie son cap. En moins de deux heures, une cinquantaine de personnes supplémentaires seront secourues. 

Emilien Urbach conclut l’article par une histoire d’enfance touchante que Charlie, membre de l’équipage, partage.  Alors qu’une petite fille jetait des méduses échouées dans l’océan, son père lui dit  « Tu ne peux pas toutes les sauver ». « Non, mais je peux sauver celles-là », répond l’enfant. « C’est ce que nous faisons ! » affirme Charlie. 

Lire le récapitulatif de cette mission de sauvetage.  

Crédit photo : Ville Maali / SOS MEDITERRANEE  

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