Décryptage : infographie et mots-clés du sauvetage
31 mars 2022
LA BOUSSOLE : la newsletter des collectivités solidaires #2

 

La carte-infographie ci-dessous représente les principales routes de migration et la répartition des zones de recherche et de sauvetage en Méditerranée. Chiffres à l’appui, elle met en évidence la nécessité d’agir pour sauver des vies en Méditerranée centrale, axe migratoire le plus mortel au monde.

Cliquez sur l’image pour l’ouvrir en grand format.

Zone SAR (Search And Rescue)

Zone de dimensions déterminées dans les limites de laquelle un Etat prend la responsabilité de coordonner et fournir des services de recherche et de sauvetage. Elle comprend les eaux territoriales et internationales.

  • L’Ocean Viking intervient en Méditerranée centrale qui comprend les zones SAR de la Libye, de l’Italie et de Malte. Chacun de ces Etats est responsable, dans sa zone SAR, de la recherche et du sauvetage des personnes en détresse via ses services et équipements.

Eaux territoriales 

Eaux s’étendant jusqu’à 12 milles marins (environ 20 kilomètres) du rivage d’un Etat côtier. Les eaux territoriales relèvent de la souveraineté de l’Etat, mais les navires étrangers (civils) disposent d’un droit de passage inoffensif. 


Eaux internationales  

Eaux situées au-delà des 12 milles marins – hors des eaux territoriales d’un Etat.  

  • L’Ocean Viking effectue des opérations de recherche et de sauvetage dans les eaux internationales entre la Libye et l’Italie. Il n’intervient jamais dans les eaux territoriales libyennes.

Centre de coordination et de sauvetage en mer (MRCC) 

Centre chargé d’assurer l’organisation efficace des services de recherche et de sauvetage et de coordonner ces opérations dans une zone SAR. 

  • Les MRCC de Rome et Malte sont concernés par la Méditerranée centrale. Depuis 2018, la coordination des opérations SAR en Méditerranée centrale est déléguée à la Libye via le Centre de coordination des secours joint (JRCC) de Tripoli. Les équipes de l’Ocean Viking interviennent en Méditerranée centrale, conformément aux règles maritimes internationales en tenant systématiquement informés le JRCC, autorité responsable, et les MRCC compétents avant et après toute opération de sauvetage. 

Crédits : Rodho


Etat du pavillon  

Etat qui a immatriculé le navire, et qui, par conséquent, a l’autorité et la responsabilité du navire.

  • L’Ocean Viking bat pavillon norvégien.  En 2018, le précédent navire de SOS MEDTERRANEE, l’Aquarius, a perdu à deux reprises son pavillon d’abord celui de Gibraltar puis celui du Panama. Ces dépavillonages qui n’étaient motivés par aucune raison technique ont été la conséquence de pressions politiques exercées sur ces Etats pour bloquer le navire et l’empêcher de mener à bien sa mission humanitaire.

Situation de détresse 

Situation dans laquelle il y a lieu de penser qu’un navire ou une personne est menacée d’un danger grave et imminent et qu’il a besoin d’un secours immédiat. Il incombe au capitaine de tout navire le devoir de secourir quiconque est trouvé en péril en mer, sauf dans le cas où le fait de porter assistance entraîne un risque grave pour son équipage, ses passagers et son navire. 

Crédits : Rodho


Sauvetage  

Opération visant à secourir des personnes en détresse, subvenir à leurs besoins élémentaires (nourriture, abri, soins médicaux) et à les transporter vers un lieu sûr. 

  • Les navires ayant porté assistance à personne en danger en Méditerranée centrale sont souvent contraints d’attendre des jours voire des semaines avant de pouvoir débarquer les personnes rescapées dans un port sûr. 

Personne rescapée    

Terme officiel désignant une personne sauvée d’une situation de détresse, quels que soient son statut et sa nationalité.

  • A bord de l’Ocean Viking, les personnes secourues ne sont pas considérées comme des « migrants », « réfugiés » ou « demandeurs d’asile », mais comme des « survivants » ou « rescapés ». 

Lieu sûr (ou port sûr) 

Emplacement où les opérations de sauvetage sont censées prendre fin et où la vie et la sécurité des personnes n’est plus menacée ; où il est possible de subvenir à leurs besoins fondamentaux ; et où leur transport vers la destination suivante ou finale peut s’organiser. Les personnes rescapées doivent être débarquées dans un port sûr dès que raisonnablement possible, et avec une déviation minimum par rapport au parcours initialement prévu par le navire. 

  • Au regard de sa situation politique et humanitaire (instabilité politique, détention arbitraire, traitements inhumains et dégradants), la Libye ne peut en aucun cas être considérée comme un lieu sûr pour le débarquement des personnes secourues. 

Crédits : Rodho

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