Alors que l’embarcation dans laquelle il se trouve prend l’eau, en raison de conditions météorologiques très dégradées, Marcus et toutes les personnes à bord parviennent à monter sur la plateforme pétrolière Miskar, au large de la Tunisie. Cinq jours plus tard, elles sont secourues par l’Ocean Viking. Marcus raconte la peur, l’attente, et les conditions de détention en Libye.
On était plus de 60 personnes dans cette embarcation-là. Il y avait du vent, il y avait des vagues… Il y avait trop de vagues, il y avait trop de vent aussi.
Il y avait beaucoup d’eau à l’intérieur du bateau, elle montait et on n’avait rien pour écoper. La mer est dangereuse.
On a vu une maison sur la mer, on a essayé de s’y accrocher.
Quand on est arrivé sur la plateforme, chacun et chacune d’entre nous essayait vraiment de sauver sa peau avant tout. Toi-même, tu vas essayer, si tu trouves un coin, tu vas t’accrocher, et puis monter. Si tu as pu monter, si tu peux sauver ton ami.e, tu le ou la sauves.
Quand on est monté sur la plateforme, on a été bien accueilli, les personnes nous ont donné des couvertures et de quoi manger. Elles nous ont tout donné. Elles se sont occupées de nous.
On était là-bas pendant cinq jours. Après cinq jours, on a vu l’Ocean Viking venir nous secourir.
En Libye, beaucoup de personnes africaines ont été attrapées et jetées en prison.
Elles sont là-bas et n’ont plus aucune possibilité de partir.
Là-bas, on leur dit : « Appelle tes parents, ils doivent payer pour te libérer. », mais elles ne sortent pas.
Souvent même, l’argent est envoyé, mais on ne les libère pas. Elles restent en prison, là-bas, en Libye.
Il y a d’autres personnes qui ne peuvent plus partir et d’autres encore qui sont traumatisées, ou qui deviennent folles. Les Libyens te donnent du travail, tu travailles et ils ne te payent pas.
Ils ne respectent pas les droits humains. Ils ne savent même pas ce que c’est. Ce n’est pas facile.
Quand tu es en prison là-bas, on te frappe. Les personnes sont maltraitées.
Je pleure, je pleure, je pleure.
Lire le récapitulatif de cette opération de sauvetage.
Crédit photo : Ville Maali / SOS MEDITERRANEE
*Le prénom a été modifié pour protéger l’identité du rescapé



