10 ans après son premier sauvetage en mer, SOS MEDITERRANEE face à une mortalité record en mer et des entraves répétées

Le 7 mars 2016, SOS MEDITERRANEE réalisait son tout premier sauvetage en mer à bord de l’Aquarius. Dix ans plus tard, l’organisation humanitaire totalise plus de 43 078 personnes secourues lors de 459 opérations menées par ses navires-ambulance, l’Aquarius puis l’Ocean Viking. L’ONG poursuit aujourd’hui sa mission vitale dans un contexte particulièrement dégradé en mer comme à terre.

Le début d’année 2026 est le plus meurtrier en Méditerranée depuis 2014, première année où un décompte des personnes disparues a été établi. Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), au moins 606 personnes auraient péri en mer depuis le début de l’année 2026. Des chiffres qui sont probablement en deçà de la réalité, certaines organisations avançant le chiffre crédible de plus de 1 000 personnes disparues.

Malgré ces chiffres accablants, l’Union européenne continue de privilégier la mise en œuvre de politiques d’externalisation des frontières, au détriment du renforcement des capacités de sauvetage en mer. En 2025, plus de 27 000 personnes ont été interceptées par les garde-côtes libyens financés et équipés par l’UE. Ces interceptions conduisent à des retours forcés vers la Libye ou la Tunisie, où les détentions arbitraires, les violences et les extorsions sont largement documentées.

« Les décès en Méditerranée centrale sont le résultat prévisible de choix politiques qui privilégient la dissuasion à la protection et négligent délibérément la préservation de la vie humaine en mer », déclare Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de SOS MEDITERRANEE France. « Déléguer les responsabilités de sauvetage à des pays comme la Libye ou la Tunisie est un échec ; les traversées ne tarissent pas, la mortalité explose, les personnes interceptées sont exposées à de graves dangers et tout cela se fait en violation du droit international. »

En mer, c’est aussi l’action des ONG qui est délibérément entravée : désignation systématique de ports éloignés, détentions administratives, restrictions croissantes. En dix ans, ces mesures ont immobilisé les navires de l’organisation pendant 591 jours cumulés – soit plus d’un an et demi sans pouvoir opérer.

À terre, le climat se dégrade également. Dans le cadre de la campagne des élections municipales, la mission de SOS MEDITERRANEE fait l’objet d’instrumentalisations politiques répétées. Des affirmations mensongères, visant à discréditer l’action de l’association, sont relayées par certains responsables politiques – des prises de position qui portent sciemment atteinte à la réputation de l’organisation ainsi qu’à la dignité des personnes secourues, et contribuent à fragiliser l’action humanitaire.

Dans ce contexte, et alors qu’elle entame sa deuxième décennie d’activité en mer, SOS MEDITERRANEE réaffirme plus fermement que jamais ses engagements : porter assistance à toute personne en détresse en mer, défendre le respect du droit maritime international et témoigner des conséquences dramatiques d’une politique délibérée de non-assistance soutenue par l’Union européenne.

CONTACT PRESSE :
Adèle Simon – responsable médias
06 11 74 10 11 – a.simon@sosmediterranee.org

Crédit photo : Tess Barthes / SOS MEDITERRANEE

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