Un portrait

Une histoire

Ali*

Mali

Pays d'origine

8 ANS

Âge

14/03/2024

Date de sauvetage

« En Libye, je dormais dans la rue à Sabratha. Je me faisais souvent frapper parce que je suis noir. » 

Ali* a huit ans. Cet enfant voyageant seul a été secouru par les équipes de l’Ocean Viking d’un canot pneumatique surchargé dans la région de recherche et de sauvetage libyenne le 14 mars 2024, avec 87 autres personnes. 

 

Mon nom est Ali*. Je viens de Tambaga au Mali. Dans mon pays, j’allais à l’école. Il y a à peu près un an, je suis parti du Mali avec un autre garçon que j’ai perdu de vue en arrivant en Libye. Sur le chemin, j’ai travaillé. Je faisais de la soudure et de la peinture. Je suis passé par l’Algérie avant d’arriver en Libye. J’ai marché dans le désert pendant environ un mois avec mon ami.  

En Libye, je dormais dans la rue à Sabratha. Je me faisais souvent frapper parce que je suis noir. J’ai appris que des gens traversaient la Méditerranée pour fuir la Libye alors j’ai décidé de faire la même chose. C’est la deuxième fois que j’essaye de traverser la Méditerranée. J’ai essayé de traverser une première fois mais les garde-côtes libyens m’ont arrêté et m’ont mis dans une prison*** qui s’appelle Ain Zara. J’y suis resté plusieurs mois. J’avais peur. Je n’avais pas d’argent pour sortir, pour manger. Deux adultes m’ont aidé à m’enfuir. » 

Le petit Ali a dessiné l’Ocean Viking durant la navigation vers le port éloigné d’Ancône, à 1450 km du lieu où il a été secouru. Crédit photo : Johanna De Tessières / SOS MEDITERRANEE

 

Lire le récapitulatif de la mission de mars 2024 durant laquelle Ali a été secouru 

 

*Le nom du jeune rescapé a été modifié pour protéger son anonymat. 

** Les personnes secourues utilisent souvent le terme de « prisons » pour désigner les centres de détention officiels ou clandestins où elles sont retenues en Libye. 

 

Derniers témoignages

Moinul*

« Une fois de plus, ils ont demandé plus d'argent, mais ma famille n'y arrivait pas, alors j'ai été battu 50 fois tous les matins et tous les soirs. » 

Voir son histoire

Roukaya*

« Aujourd’hui, mes blessures sont guéries, mais elles me font encore mal. Mes cicatrices me rappellent la Libye et la traversée de la mer. »

Voir son histoire