Anna, membre de l’équipe de recherche et sauvetage à bord de l’Ocean Viking
27 janvier 2021

Anna a grandi dans le sud de l’Allemagne et est entrée dans l’industrie maritime dès sa sortie du lycée. Elle est devenue cadet à 17 ans et a travaillé sur des bateaux de croisière, des porte-conteneurs et des cargos lourds tout en étudiant les sciences nautiques à Rostock. Elle est titulaire d’une licence (illimitée) de seconde capitaine.

En tant qu’officière, Anna s’est vite interrogée sur l’utilité du transport maritime commercial. Ayant suivi la crise humanitaire en Méditerranée et ayant longtemps soutenu les organisations professionnelles et civiles de recherche et de sauvetage, elle a saisi l’occasion de s’engager et de mettre son expérience professionnelle à profit là où elle estimait que cela était le plus nécessaire. « J’ai toujours été consciente de la situation en Méditerranée, mais je ne pensais pas qu’on avait besoin de moi dans le domaine du sauvetage civil. Beaucoup d’ONG allemandes opéraient avec de petits navires avant que les ONG ne soient criminalisées. Or j’ai toujours pensé qu’elles avaient suffisamment de personnel et que mes qualifications n’étaient pas nécessaires. Quand je me suis rendu compte que je pouvais réellement être utile, la décision a été facile à prendre« , explique Anna.  

Dessin : Hippolyte

Elle a ensuite étudié la physique et s’est embarquée pour sa première mission en tant que seconde officière sur l’Alan Kurdi de l’ONG Sea Eye en juillet 2019. Au cours de cette mission, Anna a pu constater par elle-même combien une longue période de blocage en mer peut être dévastatrice pour les rescapé.e.s. « Attendre un lieu sûr pendant 12 jours avec 150 rescapé.e.s à bord était épuisant. À chaque jour qui passait, nous voyions les personnes à bord devenir de plus en plus désespérées« . Travaillant sur le navire pendant ses vacances semestrielles, Anna a obtenu sa licence en physique à l’automne 2020: dans le cadre de sa thèse de fin d’études, elle mesurait le niveau de contamination au césium chez les sangliers dans le sud de l’Allemagne. Aujourd’hui à bord de l’Ocean Viking pour la première fois ce mois de janvier, elle compte bien, après cette expérience supplémentaire dans le monde de la recherche et du sauvetage en mer, se concentrer sur la médecine légale nucléaire et la radioécologie dans le cadre de son master.

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