SOS MEDITERRANEE déploie un nouvel avion de surveillance. Caractéristiques techniques et capacités opérationnelles : Leona, la cheffe de mission, nous explique comment cet appareil renforce la stratégie de l’organisation.
Quelles sont les principales caractéristiques techniques de ce nouvel avion ? Et concrètement, qu’est-ce que cela change dans les missions de surveillance maritime ?
Il s’agit d’un Diamond DA42, un avion équipé de deux moteurs puissants. Il dispose d’une autonomie d’environ 1 225 milles nautiques, d’une vitesse de croisière de 175 nœuds, d’un plafond opérationnel d’environ 18 000 pieds et d’un taux de montée de 1 114 pieds par minute. En mission, nous volons généralement à 1 500 pieds.
Sa vitesse et son rayon d’action le rendent particulièrement adapté aux missions de surveillance maritime : il peut couvrir rapidement de vastes zones tout en garantissant la sécurité de l’équipage.
En quoi ses performances diffèrent-elles de l’avion déployé lors des premiers vols en novembre dernier ?
Le DA42 offre de meilleures performances, à la fois en autonomie et en capacités.
Il permet également d’embarquer un quatrième membre d’équipage. C’est un atout essentiel, car la détection des embarcations repose entièrement sur l’observation humaine.
En vitesse économique, l’avion peut rester en l’air environ huit heures, selon les conditions météorologiques.
Son autonomie accrue, sa capacité à embarquer un membre d’équipage supplémentaire et sa vitesse permettent de couvrir des zones plus étendues et d’améliorer l’efficacité de la veille.
Nous pouvons atteindre plus rapidement les embarcations en détresse, faciliter leur sauvetage et documenter plus précisément les situations observées, y compris d’éventuelles violations des droits humains. C’est donc un soutien déterminant pour les personnes en danger en mer.
L’avion dispose-t-il d’équipements spécifiques ?
Nous utilisons uniquement des jumelles pour repérer les personnes en danger. L’appareil n’est équipé ni de capteur, ni de caméra, ni de radar. En l’absence de tels équipements spécifiques, les vols se déroulent uniquement de jour et dans des conditions de visibilité suffisantes.
Le repérage repose donc entièrement sur le travail visuel de l’équipage.
Un équipage 100 % féminin
Aux côtés du pilote de Humanitarian Pilots Initiative, l’équipage SOS MEDITERRANEE à bord est entièrement féminin : la coordinatrice tactique, la responsable du suivi, et l’agente d’observation dédiée qui travaillent en étroite collaboration avec la cheffe de mission pour planifier les opérations. En vol, cette dernière est responsable de la navigation, des communications et de la prise de décision opérationnelle en cas d’événement ou d’urgence.
L’avion intègre-t-il des outils facilitant la coordination avec les centres de secours ou les navires en mer ?
Oui. Nous disposons de radios VHF aérienne et maritime nous permettant de relayer les situations de détresse. Pour une raison de portée de ces moyens de communication, nous privilégierons les communications par e-mail aux autorités de coordination de sauvetage compétentes pour signaler immédiatement toute embarcation en détresse.
Que représente l’arrivée de cet appareil pour SOS MEDITERRANEE ?
C’est une étape importante vers notre objectif : qu’aucune personne en détresse en mer ne soit laissée sans assistance, que toute vie puisse être protégée et traitée avec dignité.
Crédit photo : Soazic Dupuy / SOS MEDITERRANEE


