Un portrait

Une histoire

Adam*

Nigéria

Pays d'origine

20 ANS

Âge

27/04/2021

Date de sauvetage

Avertissement 

Les éléments établis dans ces témoignages sont exclusivement tirés des propos tenus par les personnes rescapées secourues par nos équipes depuis 2016 et de nos observations en mer.

Certains récits de vie relatés ici comprennent des scènes d’une rare violence - torture, viol, extorsion, mise à mort et naufrage – qui sont très explicites. Nous préférons vous en avertir.

Les prénoms des personnes qui témoignent ont été modifiés pour préserver leur anonymat et leur sécurité.

De nombreuses organisations intergouvernementales comme le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) ou l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont amplement documenté et corroboré ces récits, notamment en ce qui concerne les violences – y compris sexuelles – subies lors du parcours migratoire, en Libye et en mer.

« Je veux appeler ma mère. Je sais que si elle entend ma voix, elle sera heureuse. »

Adam* a partagé avec notre équipe à bord l’histoire de son terrifiant parcours ainsi que les actes de torture et d’extorsion dont il a été victime en Libye. Il faisait partie des 236 personnes qui prenaient place à bord de deux embarcations en détresse dans les eaux internationales au large de la Libye le 27 avril 2021 lorsque nous les avons secourues. 

Je m’appelle Adam. J’ai 20 ans. Je viens du Nigéria. Dans mon pays,- surtout d’où je viens, je suis du nord du Nigéria, vous comprenez ? – des [malfaiteurs] vous kidnappent !

Lorsqu’ils voient des gens arriver, ils bloquent la route et emmènent tout le monde ! Ils les poussent, ils leur demandent de l’argent. Si vous n’avez pas d’argent, ils vous tuent. J’ai donc décidé de m’enfuir parce que j’aime la vie. J’ai quelque chose à faire avec ma vie. Ma vie est très importante. Je veux aider ma famille, mes sœurs et mes frères, vous comprenez ?

J’ai donc décidé de me rendre au Niger, de me démener. Là, j’ai commencé à voir des gens qui traversaient le désert pour se rendre en Libye. J’ai vu le désert. Vous pouvez y passer deux semaines, un mois dans le désert. Pas de nourriture, pas assez de nourriture pour vous.

Les Libyens ont l’habitude d’attraper les gens pour les mettre en prison ou ailleurs. Ils vous battent ! Parfois ils brûlent du caoutchouc et vous le font fondre sur le dos. Vous appelez vos parents en pleurant. [NDLR ces extorsions de fonds par la torture sont amplement documentés en Libye]. Pendant qu’ils vous battent, ils vous prennent en vidéo. Ils vous battent comme un animal. Ils vous arrachent les vêtements alors que vous dormez à même le sol. Le caoutchouc brûlant commence à couler sur votre corps. Et ils commencent à prendre une vidéo pour que vous puissiez appeler vos parents. Lorsque vous appelez vos parents, ils leur envoient de l’argent pour qu’ils vous libèrent. C’est le danger numéro un. Mon père est vivant, ma maman aussi, toute ma famille est vivante.

  • Savent-ils que vous êtes en vie ?

Non, c’est la première chose que je veux faire parce qu’ils ne le savent pas. Je veux leur confirmer. Je veux appeler ma mère. Je sais que si elle me voit, si elle entend ma voix, elle sera heureuse.

*Le nom a été changé pour protéger l’identité du rescapé.

Crédit photo :  Flavio Gasperini / SOS MEDITERRANEE

Derniers témoignages

Mohamad Anis

Mohamad Anis raconte son périple depuis le Bangladesh. Il faisait parti des personnes rescapées lors du sauvetage du 26 octobre 2023. L’Ocean Viking a secouru 18 personnes terrifiées et épuisées d’une petite barque en fibre de verre qui se trouvait en panne et dérivait en mer depuis trois jours. Attendant des secours depuis près de 24 heures, elle était abritée de la houle le long d’un immense tanker, tenue par un simple cordage.

Voir son histoire

Ibrahima*

« Nous étions 85 personnes à partir de Libye, quatre femmes et un bébé. Après deux jours, notre moteur est tombé en panne. Ce n'était pas facile. J'ai vu tant de mes ami.e.s mourir. Certaines personnes devenaient folles. »

Voir son histoire