Un portrait

Une histoire

Omar *

Egypte

Pays d'origine

17 ANS

Âge

01/05/2026

Date de sauvetage

Omar*, originaire d’Égypte, a été secouru en mai 2026, après deux jours et demi de navigation sur une embarcation de fortune à court de carburant. Après avoir échappé de peu à la disparition en mer, son espoir est simple : se mettre en sécurité, reconstruire sa vie et rendre ses parents fiers.

 

« Je suis resté éveillé parce que je sentais que quelque chose allait nous mener en sécurité. Après trois jours à la dérive, sans nourriture ni eau, à bord d’une embarcation trouée, nous avons aperçu une lumière dans l’obscurité. »

Omar* et les autres personnes rescapées ont survécu à cette traversée mais, d’une certaine manière, ce n’était pas encore le pire.

« Nous avons quitté la Libye vers 23 heures. Peu après, la mer s’est agitée. Les vagues sont devenues de plus en plus hautes, atteignant environ trois mètres, et l’eau a commencé à envahir l’embarcation. Nous avons alors vidé nos bouteilles d’eau potable afin de les utiliser pour retirer l’eau qui s’accumulait à bord. »

Après deux jours et demi, tout le monde était épuisé et l’embarcation n’avait plus de carburant. Les personnes à bord ont alors décidé qu’elles préféraient tenter de retourner en Libye plutôt que de se noyer.

« Il y avait un trou dans l’embarcation et nous avions le sentiment qu’il ne restait plus aucun espoir. Tout le monde était épuisé. La troisième nuit, tout le monde dormait sauf moi. Je suis resté éveillé parce qu’au fond de moi, je sentais que quelque chose ou quelqu’un allait nous mener en sécurité. C’est alors que j’ai vu l’Ocean Viking. »

« J’ai sorti mon téléphone, allumé la lampe torche et commencé à l’agiter dans l’obscurité pour que l’équipage puisse nous voir. Peu m’importait de quel navire il s’agissait. Notre principale préoccupation était que personne ne se noie. »

« Avant d’être secouru, je pensais que si nous passions encore un ou deux jours en mer, nous allions toutes et tous mourir. Après le sauvetage, je me suis senti calme pour la première fois. Mes parents n’auraient pas à pleurer ma mort. »

« Je ne sais pas encore quel métier j’exercerai plus tard, mais je suis prêt à m’investir pleinement dans toute opportunité qui se présentera à moi. Mon espoir est simple : me mettre en sécurité, reconstruire ma vie et rendre mes parents fiers. »

Malgré tout, la décision de partir n’a pas été facile : « J’avais entendu des histoires sur la Libye. J’avais entendu dire que, dans de nombreux endroits, des personnes pouvaient être arrêtées ou torturées. Mais je ne veux pas dire que toutes les personnes libyennes sont mauvaises. Il y a partout de bonnes et de mauvaises personnes. Certaines personnes libyennes sont aimables. Pourtant, personne ne m’a aidé. En Libye, si vous donnez de l’argent aux gens, ils vous donnent ce que vous voulez. Surtout lorsque vous êtes seul ou vulnérable. »

La Libye n’est pas un lieu sûr et, pour des personnes comme Omar*, la seule possibilité est de prendre la mer. Cependant, la traversée elle-même est extrêmement traumatisante :

« Nous avons passé trois jours en mer, sans nourriture ni eau. Je ne voyais rien. Je ne pensais pas que la traversée se déroulerait ainsi, mais c’est ce qui s’est passé. Je ne réfléchissais pas vraiment à la traversée en elle-même. J’étais déjà dans un état psychologique très difficile. J’avais déjà tenté de mettre fin à mes jours auparavant, alors je ne pensais pas vraiment aux dangers de la traversée ni à ce qui pouvait m’arriver. Le plus difficile, c’était la solitude et le sentiment de ne plus rien avoir. Je n’avais plus de foyer, plus d’espoir, et je me sentais complètement seul. »

 

Lire le récapitulatif de cette opération de sauvetage

Crédit photo : Marie Tihon / SOS MEDITERRANEE

*Le nom a été modifié pour protéger l’identité du rescapé

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